Abstract
De La commune (Paris 1871) au P2P Les formes métafictionels du nouveau millénaire Pendant les années quatre-vingt du siècle dernier, la discussion et la consolidation du post-structuralisme a de manière décisive éloigné l’analyse de la narration audiovisuelle de la sphère de la linguistique. Un des phénomènes les plus débattus qui a émergé de ce nouveau paradigme a été, sans doute, la réflexivité de la narration cinématographique. En effet, l’univers des images commençait à être compris comme une base des données, et en conséquence, comme un espace potentiellement navigable par l’auteur aussi bien que par le spectateur. Bien que la narration cinématographique n’est jamais été étrangère à des formes métafictionelles, pendant la dernière décennie du millénaire, à cause du nouveau caractère spatial de la narration audiovisuelle, nous avons pu voir de nouvelles formes métafictionelles qui manifestaient une profonde transformation des formes narratives et qui pouvaient être mises en évidence dans des récits : a) qui mettaient en lumière une structure construite sur l’immense base des données de l’univers filmique hollywoodien. Nous pensons spécialement à The Player (1996) de Robert Altman; b) qui - sous l’effet d’une remédiation avec les first person shooter - à travers le plan subjectif plaçaient le spectateur dans l’espace narratif, par exemple Being John Malkovich (1999) ; c) qui plaçaient le personnage de la diégèse à interagir et à « découvrir » la structure même de la narration. Pensons notamment à Groundhog Day (1993) et à Lola rennt (1998), ce dernier cas s’est non seulement construit sur des éléments métafictionnels mais aussi sur l’esthétique de la mise en abyme, qui, après l’œuvre de Dällembach, est devenu la figure par excellence des constructions métafictionnelles. Traditionnellement la métafiction a représenté un mécanisme visant à mieux comprendre la place de l’œuvre dans un contexte social plus large aussi bien qu’à mieux saisir la forme d’un médium, sa façon de créer des mécanismes de production de sens et sa relation avec d’autres médias, mais surtout, la métafiction a traditionnellement représenté la forme narrative qui, en mettant à nu la structure narrative et sa stricte relation avec le médium, a révélé la complexe relation entre le fiction et la réalité. C’est sous ce dernier point que dans ce texte nous analyserons la relation entre la nature spatiale de la narration cinématographique et son caractère réflexif.