Abstract
Lorsque l’on s’intéresse au concept d’Orientalisme proposé par Edward Saïd, une question surgit immédiatement. Il affirme que, dès le Moyen Âge, les Occidentaux tendent à souligner leurs différences par rapport aux Orientaux : « l’Oriental devient plus Oriental, l’Occidental plus Occidental3 ». Cette conception du rapport à l’autre limite la rencontre entre des cultures, des traditions et des sociétés différentes. Dans un texte du Moyen Âge où le narrateur en personne raconte son voyage en Orient et sa rencontre avec des Orientaux, deux questions au moins se posent. L’auteur effectuait-il une nette distinction entre lui, l’Occidental, et les autres, les Orientaux ? Et cette distinction empêchait-elle une ouverture de la pensée et du jugement dans son discours, quelle qu’elle soit ?